Dernier rapport du GIEC (2021) : les points clés

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Le dernier rapport du GIEC datait de 2013. Huit ans plus tard et des centaines de nouvelles études analysées et synthétisées amènent le GIEC à un constat alarmant : le changement climatique est généralisé, rapide et d’intensité croissante (Communiqué de presse du GIEC – 9 août 2021). Il est accompagné d’un « Résumé à l’intention des décideurs » présentant les principales conclusions du rapport. Voici une liste non-exhaustive de points clés pour comprendre le dernier rapport du GIEC :

 

1 – L’activité humaine est responsable du réchauffement climatique

Le GIEC est formel : l’humain est responsable du réchauffement climatique. La nouveauté ici, c’est que l’on sait désormais calculer la part des extrêmes climatiques due aux activités humaines. Encore plus concret, il est désormais possible pour les scientifiques d’établir un lien entre certains épisodes extrêmes (vague de chaleur par exemple) et le réchauffement climatique dû à l’activité humaine !

 

2 – Le changement climatique est rapide et sans précédent

Le réchauffement climatique que nous connaissons actuellement est sans précédent : ces 50 dernières années, la température de surface de la Terre a subi une augmentation jamais connue depuis 2000 ans. Et le réchauffement s’accélère : les 5 dernières années ont été les années les plus chaudes depuis au moins 1850 (date des premiers relevés météorologiques). Sur le graphique ci-dessous (Changement de la température globale de la surface de la Terre -moyenne par décennie-, reconstruite et observée), le constat est sans appel : le réchauffement climatique est extrêmement rapide et il est surtout sans précédent.

Source :  Le Monde

3 – Des points de non-retours déjà atteints

Le réchauffement climatique entraîne déjà aujourd’hui des conséquences irréversibles pour les siècles voire les millénaires à venir (fonte des glaces, augmentation du niveau global de la mer, hausse des températures, acidification des océans, etc.). Avec une hausse continue des émissions de gaz à effet de serre et donc de la température globale de la surface de la Terre, il est possible que des points de non-retour comme la disparition totale de la calotte glacière antarctique soient atteints dans les années à venir.

Bon nombre des changements observés dans le climat sont sans précédent depuis des milliers, voire des centaines de milliers d’années, dans toutes les régions du monde. ​Certains des changements déjà amorcés, comme l’élévation continue du niveau de la mer ou l’acidification des couches profondes de l’océan sont irréversibles sur des centaines, voire des milliers d’années​. Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Groupe de travail 1 du Giec.

4 – Des événement extrêmes de plus en plus nombreux

La hausse de la température globale de la surface de la Terre s’accompagnera d’une multiplication des événements extrêmes (sécheresses, vagues de chaleur, fortes précipitations, cyclones tropicaux…).
Pour comprendre concrètement, une vague de chaleur extrême se produisait en moyenne une fois tous les dix ans entre 1850 et 1900.
– Avec un réchauffement de 2°C par rapport à cette époque, les vagues de chaleur extrême se produiraient 5,6 fois en dix ans et seraient en moyenne 1,9°C plus chaude.
– Avec un réchauffement global de 4°C, ces vagues de chaleur se produiraient 9,6 fois sur dix ans, soit quasiment une fois par an.
Sonia Seneviratne : « Ce n’est pas seulement la fréquence de ces événements extrêmes qui va augmenter, mais également leurs intensités » !

Chaque degré compte : à quoi s'attendre ?Source : météofrance.fr

5 – Le méthane très problématique

En dédiant un chapitre entier du rapport au méthane, les experts du GIEC alertent les décideurs et le grand public de son augmentation bien supérieures aux limites réglementaires : le méthane est désormais responsable d’un quart des émissions de gaz à effet de serre. Si le méthane reste moins logntemps dans l’atmosphère que le CO₂, son pouvoir de réchauffement est quant à lui quasiment 30 fois supérieur. Le méthane est principalement émis par l’agriculture avec la production animale (40%), les énergies fossiles dont l’extraction de pétrole (35%) et les déchets (20%). Selon Sophie Szopa, réduire les émissions de méthane de 45% pour 2040 éviterait 0,3°c supplémentaire.

 

6 – 20 ans pour éviter les +2°c

L’objectif des +1,5°c est hors de portée si nous continuons à émettre autant de CO₂ (40 milliards de tonnes par an). En effet, à ce rythme il nous reste seulement 7 ans d’émissions pour atteindre les +1,5°c. C’est ce que les scientifiques appellent le budget carbone (la quantité de CO₂ que nous pouvons encore rejeter dans l’atmosphère avant d’atteindre un seuil de hausse de la température globale de la surface de la Terre). Sans changement radical de politique environnementale, économique et sociétale à l’échelle de la planète, nous dépasserons les +1,5°c et il nous restera 20 ans avant d’atteindre les +2°c.

Un rapport qui doit faire réagir

Le rapport et le résumé aux décideurs sont à la fois destinés à faire réagir les élus de ce monde, mais aussi faire comprendre au grand public qu’il est nécessaire de changer et d’agir. Nous sommes plus que jamais convaincus que chaque acte compte et qu’il est nécessaire de redoubler d’efforts.

 

Mais au fait, c’est quoi le GIEC ?

Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) est un organisme intergouvernemental créé par l’ONU en 1988 dans le but de fournir un état des lieux des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur le changement climatique. Les experts du GIEC s’attachent à analyser les études publiées sur le sujet et rédigent des rapports. Il est composé de trois groupes : le GROUPE I est chargé d’examiner les données et études scientifiques sur l’évolution du climat, le GROUPE II sur ses conséquences, l’adaptation qu’il requiert et la vulnérabilité qu’il engendre et le GROUPE III analyse les possibilités d’atténuation du changement climatique. Le rapport sorti le 9 août 2021 est celui du premier groupe et devrait être suivi par les rapports des deux autres groupes en 2022.

Pour aller plus loin, cet article s’interroge sur l’utilité du GIEC et son réel impact sur les décisions politiques.