Interview ATMO Auvergne-Rhone-Alpes

ATMO Auvergne-Rhône-Alpes est l’observatoire agréé par le Ministère de l'Ecologie pour la surveillance et l’information sur la qualité de l’air en Auvergne-Rhône-Alpes. A partir de nos dispositifs de surveillance de la qualité de l’air, nous accompagnons les décideurs dans l’élaboration et le suivi des plans d’actions à moyen et long terme sur l’air et les thématiques associées (énergie, climat, nuisances urbaines) et nous communiquons auprès des citoyens en les invitant à agir en faveur d’une amélioration de la qualité de l’air.


Nous souhaitons revenir avec vous sur les épisodes de pollution atmosphérique de cet hiver.

Cet hiver a été marqué par des épisodes de pollution importants dans la région mais il faut savoir que, dans nos vallées alpines, nous avons une double problématique de pollution :
1)- La pollution des particules liées au chauffage au bois de mauvaise qualité, ce sont les PM10 dont 49% sont liées au chauffage (21% au transport et 25% à l’industrie)
2)- Celle des oxydes d’azote liés essentiellement au trafic (à hauteur de 64%) avec une situation de fond trop élevée dans les centres urbains et aux abords des grands axes.

Pour ce qui concerne les particules, vous précisez bien que tout le bois énergie n’est pas concerné de la même façon :

Il faut effectivement distinguer la combustion des vieux appareils dans des cheminées ouvertes et anciens poêles à bûches par exemple, des appareils récents performants.
Pour une journée froide (0 degré), 70% de la responsabilité des émissions de particules fines est, il est vrai, dûe à la combustion du bois énergie mais il s’agit du chauffage au bois individuel ancien, non performant en terme de combustion, entretien, humidité du bois...

Et il est aussi bon de rappeler qu’au niveau du bois énergie, les appareils à granulés individuels et les chaufferies bois collectives ne sont pas mis en cause dans la pollution de particules fines, d’autant que cette énergie, neutre au niveau carbone et émissions de gaz à effet de serre, est à promouvoir en terme de lutte contre le changement climatique.

Quelles évolutions voyez-vous depuis quelques années ?

Cet hiver, la période froide fut longue et anticyclonique, donnant peu de chances de disperser la pollution une fois installée. D’où les pics de pollutions dûs à la fois aux émissions plus importantes que sur un jour moyen et à la mauvaise dispersion des poussières.
Mais globalement, sur les 5 dernières années, la pollution est plutôt en diminution sur le fond et aussi en terme de pics, même si, les seuils d’alerte ayant évolué, la comparaison n’est pas aisée.
La problématique est plutôt sur les pics car sur la Savoie, les normes européennes ont toujours été respectées sur la moyenne annuelle des poussières (pollution des PM10 inférieure à 40 microg/m3/an) – tandis que le seuil de recommandations de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) qui est de 20 n’est pas encore atteint sur les zones urbanisées.

Quelles solutions préconisez-vous pour réduire l’impact de la pollution ?

1)- Réduire les émissions : promouvoir auprès des acteurs publics le développement des transports en commun, le renouvellement des poêles à bois pour aller vers des modèles à granulés performants (7 étoiles), le renouvellement du parc de voitures moins polluantes, la mise à disposition de broyeurs pour éviter le brûlage des déchets verts, etc.
2)- Protéger la population : adapter l’urbanisme (à limiter près des voies de circulation), équiper les bâtiments de systèmes d’épuration d’air...

EXTRAIT de La Lettre de l'ASDER - Avril 2017 -

Conférence par Guillaume BRULFERT le 11 mai à l'ASDER "Pollution atmosphérique en Savoie & idées reçues"

Thème de l'AG de l'ASDER du 19 mai "Comment concilier bois énergie et qualité de l'air"